Voilà voilà voilà. Dans ma tête tout était clair. J’étais prêt à faire un article génial, et maintenant que le titre est posé ben voilà, va falloir que je m’en dépatouille. On va la jouer chronologique, ou presque, de toute façon je digresserais, comme d’hab.
23h12
Je me couche. Il fait chaud mais les fenêtres sont ouvertes, les araignées sont à leur poste de garde. Il y a un accord tacite entre les araignées et moi. Elles tissent leurs toiles devant les fenêtres et je les laisse tranquille, elles rentrent, je les tue. Pourquoi ? Parce qu’elles me font peur. (Vous voyez une autre raison vous ? Je m’endors avec plusieurs idées en tête, comme d’habitude. Cette nuit les thèmes seront : Soumission à l’autorité de Stanley Milgran. Cannibalisme. Bushido (L’art de la mort) pendant la Seconde Guerre Mondiale. PTSD (Post Traumatic Stress Disorder : Trouble de Stress Post-Traumatique en français). Le Prince Harry (allez savoir ce qu’il venait foutre là lui, en même temps a-t-on besoin d’une bonne raison pour penser au Prince Harry ? On je sais pas, moi non.). Bref que des thèmes joyeux et apaisant avant d’aller se coucher (oui je pense rarement aux Bisounours, aux Mon Petit Poney de ma petite sœur avant de me coucher, je devrais peut-être). J’arrive, néanmoins, à m’endormir.
Je me réveille quelques temps plus tard. J’imagine qu’il est entre 5h et 6h du matin et que j’ai envie de pisser. J’ai tort. Mais pas sur toute la ligne. J’ai quand même envie de pisser. Je lève les yeux vers mon réveil. Il est :
00h08
Je grommelle un truc du genre « Enfer et Carnation ! ». Je me gratte l’avant-bras droit plus ou moins consciemment. Je ne sais pas encore que ce détail est important. Dans ma tête ma vessie est prioritaire. Ma vessie est TOUJOURS prioritaire. Hannibal Lecter pourrait être dans mon appartement, sur le point de me capturer pour faire frire des bouts de mon cerveau afin de les déguster avec des fèves et un excellent Chianti, si ma vessie était pleine, au lieu de sortir en courant pour essayer de sauver mes bouteilles de Chianti, j’irais tranquillement aux toilettes. Du coup je serais piégé, et mon cerveau finirait en morceaux dans une poêle à frire. Peut-être même qu’Hannibal me forcerait à en manger des bouts, pour goûter. Il faut toujours goûter avant de dire qu’on n’aime pas. (Quand je pense au nombre de fois où j’ai dit ça à des gosses en colo). Oui je vous avais prévenus que je digresserai. C’est juste en ayant tiré la chasse que mon cerveau s’est brusquement réveillé. Je le soupçonne de s’être emballé. Le grattage inconscient de mon bras droit, devient conscient. Je me suis fait piquer par un moustique. « Enfer et Carnation ! » (Oui encore). Ce n’est rien me dis-je. J’ai survécu à l’enfer de Jokkmokk (j’ai lâchement abandonné trois personnes en courant à perdre haleine pour fuir les sentiers infestés de moustiques de Jokkmokk, sortir des sentiers n’était que le début, les moustiques m’ont poursuivi pendant plus de quinze minutes ensuite. C’est vicieux c’est trucs là) ! J’ai survécu à la terrible nuit du massacre de Kaaresuvanto (c’est à la frontière entre la Suède et la Finlande, une nuit ou des moustiques pernicieux se sont infiltrés par tous les interstices possibles pour nous harceler toute la nuit dans notre camping-car). Ce n’est qu’une toute petite piqûre de moustique de rien du tout. J’avais juste oublié un détail. Les moustiques de Wetzlar sont des mutants, leurs piqûres sont terriblement urticantes (oui ça gratte carrément quoi). Je me passe du gel sensé apaiser les démangeaisons (que dis-je, je masse compulsivement mon bras avec dix fois trop de gel). Ah ce moment-là une araignée brisant notre accord tacite décide de descendre du guéridon posé dans mon salon. J’étouffe un cri de gamine terrifiée. Et si je m’étais mordre par une araignée ? Y a peut-être une veuve noire planquée sous mon lit ? Ou pire, une mygale a fait son nid dans mon matelas ! Je savais que j’aurais dû changer de matelas. Je prends mon courage à deux mains (vu ce qu’il en reste une petite cuillère aurait suffi), vais chercher du sopalin et revient écraser la traîtresse entre mes doigts. Ensuite je vérifie qu’il n’y a pas d’arachnide velue et géante derrière et sous mes meubles. Je me pose dans mon canapé. Il faut que je me calme. Il n’y a pas de monstres dans mon appartement. Il n’y a pas de psychopathes cannibales non plus. Tout va bien. Tout va très très bien. Je regarde l’heure :
00h57
Je retourne me coucher. Le Prince Harry est toujours dans ma tête, du coup il joue un peu le rôle du Prince Charmant venant me sauver sur son fier destrier, euh pardon, dans son fier Apache (l’hélico hein). Mon cerveau commence à mixer les idées. Araignées+Prince Harry+PTSD. Oh My God. Et si j’utilisais le Prince Harry comme personnage secondaire d’un de mes futurs projets littéraires (où l’on rencontrera une sorcière qui ne s’assume pas, un dieu qui ne sait pas qu’il est un dieu, Dieu himself (wesh gros), et donc des araignées). Je suis fier de moi. Je me rendors.
01h42
Je me réveille à nouveau. Un moustique mutant m’a piqué sur la fesse droite. Oui il fait chaud. J’habite sous les toits (pourquoi « les » on sait pas), et malgré les fenêtres ouvertes (et donc le risque d’invasion de pigeons contre lesquelles les araignées qui restent à l’extérieur ne pourront pas faire grand-chose), il fait encore trop chaud. Donc oui, je dors à poil. Je ne devrais pas. Je me confectionnerais un pyjama intégral en moustiquaire. Mieux. Une grenouillère en moustiquaire. Je me relève, m’enduis la fesse droite de gel psychologiquement actif contre les démangeaisons. Allume une bougie à la citronnelle. Me recouche.
02h27
Les bougies à la citronnelle ça ne marche visiblement pas pour repousser les moustiques mutants de Wetzlar (est-ce que ça marche pour les autres moustiques ?). Je me relève une piqûre dans la main gauche. Les moustiques de Wetzlar sont mutants et ils se cachent. Je peste une fois de plus. Je vais me préparer une tisane « Je suis au bord de la crise psychotique et j’aimerais bien dormir » (aussi appelée « Nuit Tranquille ») Je lis deux ou trois chapitres de La Maison Corrino. Ensuite je m’enduis de répulsif qui n’avait marché ni à Jokkmokk ni en Finlande, mais on sait jamais. Je me recouche.
07h30
Mon réveil s’allume. Lady Gaga est sur le bord de la gloire, j’aimerais bien qu’elle se ramasse la gueule. Mais ça aurait pu être pire, ça aurait pu être ZAZ (oui maintenant elle passe même à la radio en Allemagne, moi qui pensais y avoir échappé). Après cette courte nuit, une certitude : le Prince Harry sera dans le futur projet en question, son histoire est toute tracée dans ma tête. Bizarrement je suis un peu crevé aussi.



Ce petit mot pour vous signaler que je viens de faire un lien vers votre blog à partir de la page d’accueil de mon site, ainsi que dans la page « blogs amis ». A bientôt.
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